Rappelons ce qu’est un cobot. Ce néologisme issu de la contraction de « collaborative robot » en anglais serait apparu en 1999. Le mot cobot désigne donc une catégorie de robots (non-autonomes) « dédiés à la manipulation d’objets en collaboration avec un opérateur humain, dans un espace de travail partagé ».  Le cobot c’est votre nouveau collègue en quelque sorte, qui va se charger des tâches dont vous ne voulez plus mais qui a tout de même besoin de vous pour les accomplir.

Le cobot en cuisine : une réalité en devenir

Bien qu’encore en phase d’élaboration, les premiers développements de cobots sont portés aux Etats-Unis par les start-up Chowbotics, spécialisée dans les robots de service pour la restauration et Miso Robotics. La première a mis au point, Sally, cobot à même de préparer une salade composée à partir de 20 ingrédients différents pour 1000 combinaisons possibles. En cuisine Sally dose, assemble et fournit les informations nutritionnelles de votre repas. En salle, le serveur fait le job. Chowbotics a levé en mars 2017, 5 millions de dollars pour accélérer sa croissance.

La seconde a mis au point Flippy, le robot cuiseur de burgers. Pour remplacer les employés dont le métier, peu valorisant et parfois dangereux, est de cuire et déposer chaque burger sur son bun à la chaîne. (lien vers l’article robots)

Un atout pour les métiers de la restauration

Les atouts de ces cobots sont multiples. En matière de fiabilité et d’information nutritionnelle, ils permettent de réaliser au gramme près un repas qui répond à n’importe quel régime. En matière RH et sociale, ce sont 3 arguments de taille qui sont avancés. Les cobots permettent de réduire la pénibilité du travail, de prévenir les erreurs humaines et les accidents, et enfin d’augmenter la productivité.

Le cobot serait alors une façon d’améliorer la qualité de vie au travail pour les salariés tout en profitant à l’activité de l’établissement. In fine, une manière de redonner de l’attractivité aux emplois de l’univers de la restauration. Car comme le souligne l’expert Robin Rivaton « Le cobot s’occupe des parties les plus fatigantes et répétitives, ce qui libère du temps à l’employé pour travailler sur des étapes de la production dont aucune machine n’est capable de se charger. » On aboutirait donc naturellement à une évolution vers des métiers plus valorisants. Mais est-ce que la création de ces nouveaux métiers compensera la perte des anciens ?

L’utopie d’une automatisation totale des tâches en restauration

Si certains peuvent redouter une automatisation des tâches destructrice d’emplois, cela semble toutefois peu probable dans la restauration. Tout simplement parce que cet univers s’appuie sur des aptitudes qui restent encore très éloignées de celles des robots. « Nous avons identifié trois domaines dans lesquels les robots ne pourront pas se substituer aux humains dans les vingt prochaines années : la créativité, les interactions sociales, les tâches de perception et de manipulation. » d’après Michael Osborne, co-auteur d’un rapport américain publié en 2013 sur les conséquences de l’automatisation sur l’emploi aux Etats Unis et prévoyant que 47% des emplois étaient menacés à 20 ans. La créativité, bien que le robot Watson d’IBM cherche à nous démontrer le contraire, est encore l’apanage de l’homme. L’interaction avec les gens également. Quant à la main et l’œil du cuisinier, sa sensibilité, son talent, c’est bien ce qui fait, et plus que jamais, déplacer les convives dans les restaurants à succès.

Mais ce même Osborne prédit qu’« A long terme, dans une cinquantaine d’années, l’objectif sera de remplacer complètement les hommes par des machines. » Si les cobots sont aujourd’hui en interaction avec l’homme, ils ont la capacité d’apprendre, et demain de se débrouiller par eux-mêmes. C’est notamment un des développements envisagés par Chowbotics pour Sally : se passer totalement de l’interaction avec les humains depuis la préparation jusqu’au service.

N’est-ce pas toutefois aller un peu vite en besogne ? Et croire que l’IA est plus avancée qu’elle ne l’est en réalité ? C’est ce que dénoncent par exemple deux grands spécialistes de la question. La collaboration homme robot en restauration a donc très vraisemblablement de beaux jours devant elle.


La Horde Innovore / © Sarah Holmlund


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